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Anne Le Troter
Crédits
© François Moura

Anne Le Troter

Japon
Du 1 février 2020 au 31 mai 2021
Anne Le Troter est lauréate 2020 du programme de résidences de l’Institut français à la Villa Kujoyama.

Biographie

 

Anne Le Troter (1985) est une artiste basée à Paris. C’est après l’écriture de deux livres « L’encyclopédie de la matière » et « Claire, Anne, Laurence » qu’elle commence à travailler, par cycle, sur les modes d’apparition de la parole de groupes déterminés en additionnant les expositions (souvent des pièces sonores) produisant, à la fin, des pièces écrites. Ainsi Anne Le Troter invite des groupes de personnes tels que les artistes ASMR à venir travailler avec elle (« L’appétence », pièce sonore, 2016 Prix du Salon de Montrouge et du Palais de Tokyo). Après avoir travaillé sur une forme d’aliénation de la parole – au cours d’un cycle d’installations sonores autour de la figure de l’enquêteur téléphonique, cycle étendu sur la durée de deux expositions personnelles et une collective (« Les mitoyennes » à La BF15 en 2015, « Liste à puces » au Palais de Tokyo en 2017 et « Les silences après une question » à l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne en 2017 – le travail d’Anne Le Troter prend aujourd’hui le chemin du genre de l’anticipation.  Invitée par la fondation Pernod Ricard, la Biennale de Rennes, le centre d’art contemporain Le Grand Café à Saint Nazaire, le Nasher Sculpture Center à Dallas et le Centre Pompidou l’artiste engage un nouveau cycle d’écriture autour de la notion de biographie, de fiction et d’utopie à propos des archives audio que produisent des banques de sperme, indicateur d’une forme de redéfinition de notre société.

 

Projet de résidence

Partant de la fiction que la parole est devenue un service payant et que pour s’armer il va falloir louer les mots que nous employons, Anne Le Troter est venue à réfléchir à qu’est-ce que c’est qu’endosser la parole des autres quand elle n’existe pas.

Anne Le Troter s’intéresse aux questions liées à la création d’un individu mental à des fins politiques, psychologiques et économiques. Les ami-e-s imaginaires se vendent et s’achètent, peuvent accréditer d’un état du monde pour qui veut l’entendre ; les ami-e-s imaginaires et les autres aussi comme en témoignent les site Bookafriend, Clientpartners ou Family Romance qui proposent à leurs client-e- s de la location d’affect. Il est possible de se faire engueuler, de se faire câliner ou de s’excuser pour quelqu’un-e d’autre par exemple.

Basé sur le scénario de ces sites Internet, Anne Le Troter projette de monter un huis clos avec les protagonistes de ces sites, des ami-e-s à louer, pour considérer ensemble l’espace de nos têtes, de nos crânes, de nos pensées comme des plateaux, des scènes dans lesquelles des personnages interviendront grâce à la parole. Nous considèrerons la parole comme autant d’organes pour faire battre un cœur et vivre un corps mental monté de toutes pièces.

Anne Le Troter - Parler de loin ou bien se taire (2019), pièce sonore, 20 min, Installation Matériaux divers, dimensions variables Production Le Grand Café – Centre d’art contemporain, Saint-Nazaire © Marc Domage
Anne Le Troter - Liste à puces (2017), pièce sonore, 15 minutes Installation Matériaux divers, dimensions variables Production Palais de Tokyo © Aurélien Mole
Anne Le Troter - MARTAGUEULE (2019), installation vidéo, 15 minutes Production Palais de Tokyo « Futur, ancien, fugitif » © Claire Moulène