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Emilie Rigaud
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Émilie Rigaud

Japon
Du 28 décembre 2020 au 28 décembre 2021
Emilie Rigaud est lauréate 2020 du programme de résidences de l’Institut français à la Villa Kujoyama (résidence reportée en 2021 du fait du contexte sanitaire).

Biographie

Émilie Rigaud est graphiste, dessinatrice de caractères, historienne de la typographie japonaise, créatrice de la fonderie typographique « A is for fonts » et enseignante à l’ANRT.

Après un master en design graphique à l’ENSAD (Paris), Émilie Rigaud se spécialise en design typographique à l’Université de Reading. La famille de caractères qu’elle y dessine, Coline, reçoit en 2011 le prix du Tôkyô Type Directors’ Club et entre dans les collections du CNAP. À la tête de la fonderie typographique «A is for fonts » depuis 2010, Émilie défend des caractères alliant expressivité plastique et rigueur de fabrication. 

En parallèle de son activité de designer, Émilie entreprend des études de japonais sous forme d’un master à l’Inalco et vient de commencer une thèse sur l’histoire de la typographie japonaise au vingtième siècle, sous la direction d’Emmanuel Lozerand, à l’Institut français de recherche sur l’Asie de l’Est. Elle fait également partie de la nouvelle équipe enseignante de l’Atelier National de Recherche Typographique depuis 2013.

 

Projet de résidence

De la calligraphie à la typographie : création d’une police de caractères à cursivité variable

Le projet d’Émilie Rigaud est de créer une famille de caractères typographiques pour le japonais jouant sur différents degrés de cursivité, selon un axe qui va de la calligraphie, très cursive, à la typographie, qui fige les formes. La famille sera un ensemble de plusieurs polices de caractères, dont chacune exprimera de façon différente le geste scriptural initial. 

La typographie japonaise se divise majoritairement en deux grandes catégories : les minchô et les goshikku. Avec la mécanisation, l’origine calligraphique de l’écriture japonaise a été gommée. En effet, les traits horizontaux des sinogrammes minchô sont parfaitement rectilignes. Les caractères minchô sont dotés de verticales très noires et d’horizontales très fines, dont les sorties sont indiquées par un uroko, un petit triangle qui marque l’arrêt du trait, vestige du lever de pinceau.

Par la suite, l’apparition des caractères goshikku éloignent encore plus les signes de cette origine, car ils reprennent la structure rectiligne des minchô en gommant le contraste et les vestiges du pinceau

Il existe bien aussi quelques polices de caractères qui imitent la calligraphie, mais ce sont des caractères très connotés, trop ­« traditionnels » pour pouvoir être utilisés ailleurs que sur des cartes de visite passéistes.

Le projet se propose d’explorer l’intervalle qui existe entre les formes calligraphiques et les formes typographiques standardisées. Tout l’enjeu consistera à trouver un équilibre entre le geste de la main et un traitement mécanique des formes, pour créer des polices de caractères résolument actuelles qui portent la trace d’une tradition calligraphique.

Pour ce faire, l’idée est de partir d’un squelette cursif pour l’habiller ensuite de façon contemporaine. La recherche de ce squelette cursif passera par deux moyens : la pratique de la calligraphie et le relevé des formes cursives dans l’espace public.

Émilie Rigaud - Dessins personnels (2019) © Émilie Rigaud
Émilie Rigaud - Dessins personnels (2017) © Émilie Rigaud
Émilie Rigaud - Écriture manuscrite Emilie en haut et police de caractères Hiragino Minchô © Émilie Rigaud