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Flore Falcinelli
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Flore Falcinelli

Japon
Du 28 décembre 2020 au 28 décembre 2021
Flore Falcinelli est lauréate 2020 du programme de résidences de l’Institut français à la Villa Kujoyama (résidence reportée en 2021 du fait du contexte sanitaire).

Biographie

 

Flore Falcinelli est créatrice d’objets et pièces uniques en laque européenne et restauratrice d’objets laqués anciens depuis 6 ans.

Née en 1988 dans une famille d’artisans, elle découvre la laque dans l’atelier de ses grands-parents. En 2011 elle obtient un DMA laque (diplôme des métiers d’arts) à l’ENSAAMA Olivier de Serres, et rejoint l’atelier familial de restauration et conservation de laques. Depuis, elle partage sa vie professionnelle entre une démarche plasticienne de création et la restauration d’objets laqués anciens.

Elle utilise de la laque européenne, une technique inventée en France au XVIIIème siècle qui s’inspire des gestes et des pratiques ancestrales asiatiques. Art de cacher et de révéler, elle est le résultat d’une alternance de couches de laques chargées de pigments et de ponçage, auxquelles viennent s’ajouter des matériaux précieux pour la réalisation de décors complexes (feuilles d’or, nacre...).

Elle montre dans son travail une fascination pour le monde naturel. Elle se plaît à instiller dans ses créations une part du mystère de la vie végétale, ou à tendre le miroir de l’animalité.

Bois vermoulu, os, nœuds tortueux dans le bois brut, partout dans ses œuvres on retrouve la marque de l’impermanence, les traces de l’instant unique. Elles font écho au le lien qui existe entre le temps et la technique de la laque. Tout d’abord la technique impose patience et méticulosité au créateur. Ensuite seulement débute la vraie vie de l’objet, dans les mains de son propriétaire. Le temps et l’usage laisseront alors des traces et des marques sur l’objet, l’enrichissant d’une histoire.

Projet de résidence

Empreintes de laques: une approche interdisciplinaire entre urushi et vernis Martin

Le projet élaboré par Flore pour sa résidence à la villa Kujoyama vise à poursuivre et enrichir le dialogue qu’elle entretient depuis ses débuts avec une double tradition, celle du vernis Martin chère à l’atelier familial et celle de l’urushi, la laque végétale japonaise. En tant que matériaux, l’un et l’autre servent à protéger les objets qu’ils recouvrent, à la manière d’une peau. Et tout comme une peau, chaque œuvre laquée possède, une épaisseur, un grain particulier laissé par le temps et l’usage. L’exploration de la dimension organique de la laque, à la fois élément d’un ensemble et réalité autonome, occupe une place importante dans le travail artistique de Flore.

L’image d’une peau de laque féconde le projet qu’elle souhaite accomplir. Dans le vaste ensemble de l’urushi, le Dakkatsu kanshitsu lui est apparu comme un objet de fascination et la promesse de possibilités nouvelles. Cette technique permet de créer des volumes, des objets légers et résistants, uniquement constitués de bandelettes de tissus imbibées d’urushi. Tout en affranchissant la laque de son statut de couche protectrice, elle assure un passage immédiat de la matière à l’objet. La peau se décolle et prend une forme ainsi qu’une consistance déterminée par l’artiste. La troisième dimension manque à la palette de Flore, qui souhaite recentrer son travail sur la forme et intégrer l’espace à son travail. L’ambition du projet est de mêler le kanshitsu au vernis Martin. Ce travail plastique sera l’occasion pour l’artiste de créer un répertoire de rencontres avec les artisans et artistes laqueurs. Elle voit dans cette expérience un possible dialogue ouvert entre les traditions européenne et japonaise, entre les univers et artistes contemporains pratiquant ces techniques. La peau n’est-elle pas une surface de contact, l’organe par lequel l’on se touche et l’on se reconnait ?

Flore Falcinelli : Ryoboku 1 - Croquis © DR
Flore Falcinelli : Ukiyo (2018) - Vernis martin sur écorce de cerisier, pigments, peinture à l'huile et feuilles d'or © DR
Flore Falcinelli : Trace - Commode © DR