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Marcus Borja

Japon
Du 28 décembre 2020 au 28 décembre 2021
Marcus Borja est lauréat 2020 du programme de résidences de l’Institut français à la Villa Kujoyama (résidence reportée à une date ultérieure du fait du contexte sanitaire).

Biographie

 

Deux fois docteur – Sorbonne Nouvelle (2015) et PSL SACRe (2017) – Marcus Borja est acteur, auteur, metteur en scène, musicien et chef de chœur.

C’est à l’âge de 24 ans qu'il quitte son Brésil natal et s’installe en France. Il y suit le cursus de l'École Internationale Jaques Lecoq avant d’intégrer l'École supérieure d'art dramatique de Paris et, plus tard, le Conservatoire national supérieur d’art dramatique.

Également diplômé en histoire de l’art et muséologie (École du Louvre), il a travaillé notamment avec Sophie Loucachevsky, Yoshi Oida, Christiane Jatahy, Meredith Monk, Éric Ruf, Christophe Rauck et Robert Wilson.

Ses nombreuses formations se reflètent dans le caractère polyphonique et multiforme de ses créations. Le Chant des Signes, commande du festival des Francophonies en Limousin (2015), Théâtre, spectacle choral pour 50 interprètes en 38 langues (2015,2016), Intranquillité, d’après Fernando Pessoa (2016,2017), Bacchantes, d’après la tragédie d’Euripide qu’il a lui-même traduite du grec ancien (2017), ou encore Zones en Travaux, commande du Théâtre de la Ville avec quarante jeunes artistes de divers pays entre 18 et 21 ans, sont en relation directe avec son parcours multidisciplinaire et riche de relations. Parlant couramment cinq langues, Marcus Borja se perçoit comme un artiste-chercheur-pédagogue. Ces trois perspectives s'articulent et se nourrissent réciproquement dans son parcours et dans ses créations. Il enseigne notamment à l’ESAD, à l’Ecole du Nord (Lille), aux Cours Florent et aux universités Sorbonne Nouvelle et Paris 8 Vincennes Saint-Denis, en plus des divers stages et maser classes qu’il donne en France comme à l’étranger.

En 2021 il crée Captives / Αιχμάλωτες au Festival international de Théâtre de Milos (Grèce), ainsi que Note di Notte, spectacle commandé par la Villa Médicis, à Rome, où il sera artiste résident au printemps prochain.

Projet de résidence

Mon projet s’articule autour de la conception de performances hybrides et transculturelles dans l’espace urbain mettant en avant la relation entre les arts et le patrimoine vocal d’une communauté d’artistes et d’amateurs de tous âges et de toutes origines. Il s’agira d’interroger la théâtralité latente de l’espace public (musée, centre d’art, site historique, place, gare) afin d’en dégager une dramaturgie qui se traduit en performance. Dans un espace-temps mettant en relation et en choc l’ordinaire et l’extraordinaire, l’éphémère et le durable, l’un ré-signifie l’autre et, tout en en broyant les frontières visibles, cette relation ouvre la voie à de nouveaux regards possibles sur la ville et à une déterritorialisation de l’expérience artistique par le partage d’espaces poétiques éphémères. Aussi bien que les corps actants confèrent du mouvement aux matières figées avec lesquelles ils interagissent, ces dernières contraignent et stimulent les corps des premiers au cœur d’une composition complexe et sans cesse traversée par la ville et ses habitants.

Penser la création comme un réseau de signes, un contrepoint savant où chaque ligne se doit d’être entendue en même temps qu’elle est nécessairement inscrite dans une harmonie. Cette dernière rend compte du tout sans écraser les parties, elle rassemble les dissemblables sans pour autant nécessairement les rendre semblables et transforme la cacophonie urbaine en symphonie humaine.