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Rania Rafei
Crédits
© Kasia Larsen

RANIA RAFEI

Cinéma

Liban
Du 27 septembre 2021 au 23 décembre 2021
Rania Rafei est lauréate du programme NAFAS, 100 résidences d’artistes libanais en France. Elle a été sélectionnée dans le cadre du dispositif de l’Institut français, conçu en partenariat avec la Région Nouvelle Aquitaine, et sera accueillie en résidence à La Métive.

La structure hôte

LA MÉTIVE

La Métive est un lieu de résidence de création artistique pluridisciplinaire implantée à Moutier-d’Ahun, en Creuse, région Nouvelle Aquitaine. Elle accueille toute l’année des artistes, des chercheurs et des personnes venus du monde entier dans des espaces propices au développement de leur recherche en cours. La Métive est un projet de lien social et d’action culturelle sur le territoire rural où elle est implantée. Nous veillons au respect des droits culturels et tentons d’imaginer comment l’art peut nous aider à faire humanité ensemble. Pour cela, nous construisons l’intégralité de nos projets en concertation avec les personnes impliquées. Nous réfléchissons notamment aux questions de domination et d’assignation, de genre, de frontières et d’hospitalité.

La lauréate

RANIA RAFEI - Cinéma

Rania Rafei est une cinéaste et artiste libanaise, diplômée de l’Académie Libanaise des Beaux-Arts (ALBA). Elle a réalisé plusieurs courts-métrages documentaires sur des sujets sociaux et politiques, des courts métrages de fiction, et des essais vidéo. Trois de ses projets d’art vidéo, « Les quatre saisons : l’été 2006 », « Brain Cells » et « Prologue », ont été projetés lors du festival VidéoWorks de l’association Ashkal Alwan, à Beyrouth en 2006, 2007 et 2011. Elle a participé au festival Arborescences en 2006, à Aix-en-Provence, où elle a présenté une l’installation vidéo « The light Traveler » sur la chirurgie plastique. Elle a également réalisé l’installation vidéo « Les villes de Beyrouth : le purgatoire des ruines anticipées » en 2014, dans le cadre d’une exposition pour le musée d’art et d’architecture Färgfabriken à Stockholm. La vidéo a été projetée à la Biennale d’architecture de Tallinn. Plus récemment, elle a réalisé le documentaire « The Square » (2020) et un film expérimental « City Rehearsals » (2021) sur le processus de devenir au milieu de l’effondrement du Liban.

En 2012, elle a écrit et réalisé son premier long métrage « 74 la reconstitution d’une lutte », présenté en première au Festival international du film FID Marseille. Le film a reçu plusieurs prix dans des festivals internationaux et a été montré dans des lieux d’art prestigieux comme le Centre Pompidou à Paris. Elle réalise actuellement son deuxième long métrage « Le jour de la colère, comtes de Tripoli ».

Le projet de résidence

LE JOUR DE LA COLÈRE, CONTES DE TRIPOLI

« Le Jour de la Colère, contes de Tripoli » est un film hybride expérimental mêlant documentaire, fiction et musique, qui mène une réflexion autour de cinq moments de soulèvement révolutionnaires qui a marqué l’histoire de la ville de Tripoli au Liban. Dans une approche cinématographique, où s’entrecroise le présent et le passé, réalité et reconstitution, chants, rêves, souvenirs, mythologie et archives, ce film tente de saisir le portrait d'une ville. Rania Rafei cherche à comprendre le contexte social et politique qui a mené à ces mouvements de protestation d’une part, et d’autre part à réfléchir autour des liens ontologiques que les habitants de la ville ont avec ces évènements historiques. L’ambition du film est de plonger dans l’Histoire pour mieux résister au présent, mis à mal par les crises successives mènent le pays vers l’effondrement, et imaginer un futur. Les transformations vécues par Tripoli des années 1940 à nos jours résonnent avec l’histoire de beaucoup d’autres villes arabes, passant d’une ère coloniale au rêve d’un nationalisme arabe, puis rattrapée par la réalité d’un radicalisme islamique, elles sont le lieu aujourd’hui de luttes contre la corruption de la classe politique et une revendication de justice sociale.

En images

La Métive © DR
74. La reconstitution d'une lutte, 2012 © Rania Rafei